Lutter contre la sédentarité, c'est d'abord savoir ce qu'on combat

La sédentarité au travail désigne le temps passé en position assise ou allongée, avec une dépense d'énergie quasi nulle. Elle tient à l'accumulation des heures immobiles, indépendamment de toute pratique sportive. Cette distinction déplace le problème : il ne s'agit pas de transformer chacun en sportif, mais de remettre du mouvement dans des journées qui n'en contiennent presque plus.

75 %
du temps de travail passé assis pour un employé de bureau

D'après Santé publique France, les trois quarts de la journée de travail se passent en position assise. Pour la plupart des métiers du tertiaire, le mouvement a presque disparu de la journée de travail.

Le phénomène dépasse le bureau. Selon l'Observatoire national de l'activité physique et de la sédentarité, un adulte sur trois cumule un manque d'activité physique et un excès de temps assis. Le sujet n'est donc pas marginal.

Pourquoi une pratique sportive ponctuelle ne suffit pas

On peut courir trois matins par semaine et rester sédentaire le reste du temps. Les bénéfices d'une séance d'activité physique et sportive ne compensent pas intégralement une journée entière passée assis. Ce sont deux dimensions distinctes de la santé physique, et lutter contre la sédentarité demande donc de la régularité plutôt que de la performance.

C'est aussi ce qui rend la démarche inclusive. Les personnes les moins actives, celles qui ne fréquentent pas de salle de remise en forme, sont précisément celles qui ont le plus à gagner. Leur parler de mouvement plutôt que de performance leur rend la démarche accessible. Pour aller plus loin sur ces gestes du quotidien, voir l'activité physique au bureau par des réflexes simples.

La règle simple : bouger un peu, souvent

La régularité compte davantage que l'intensité des efforts. Une étude publiée en 2017 dans Annals of Internal Medicine, qui a suivi 7 985 adultes équipés d'un capteur d'activité, associe les périodes assises de moins de 30 minutes au risque de mortalité le plus faible. Se lever quelques minutes toutes les demi-heures suffit à interrompre une période assise.

30 min
le seuil à ne pas dépasser sans se lever

Rester assis plus longtemps sans se lever est associé à un risque de mortalité plus élevé. C'est le repère le plus simple pour agir, et l'Organisation mondiale de la santé recommande par ailleurs 150 à 300 minutes d'activité d'endurance modérée par semaine.

Cette idée tient en une habitude, détaillée dans notre article sur la règle des 30 minutes. Elle ne coûte rien et ne demande aucune organisation pour démarrer.

Cinq leviers concrets, sans budget ni matériel

Aucun de ces leviers n'exige d'équipement ni de réorganisation. Ils se cumulent et s'installent au rythme de l'équipe.

1. Fractionner la position assise

Il suffit de se lever, de marcher jusqu'à la fenêtre, de prendre l'escalier ou de passer un appel debout. Ces micro-mouvements, répétés, font la différence sur une journée.

2. La réunion en marchant

Une réunion à deux ou trois se tient très bien en marchant. En plus de remettre le corps en mouvement, la marche stimule la réflexion.

+60 %
de pensée créative en marchant plutôt qu'assis

Mesuré par une étude de l'université Stanford (Oppezzo et Schwartz, 2014). Voir la réunion en marchant.

3. La pause déjeuner active

Une marche digestive de quinze minutes après le déjeuner casse la plus longue période assise de la journée et fait du bien au moral. C'est aussi un moment de lien, détaillé dans la pause déjeuner active.

4. Le rendez-vous collectif

Un premier rendez-vous simple, partagé entre collègues, crée une dynamique et donne envie de continuer. Notre guide du premier rendez-vous de mouvement explique comment le lancer sans y passer ses journées.

5. Les réflexes du quotidien

Il suffit d'aller boire de l'eau loin de son bureau, de préférer l'escalier ou d'aller voir un collègue plutôt que de lui écrire. Ces gestes minuscules, additionnés, remettent du mouvement dans la journée.

Le levier qu'on oublie : bouger ensemble

La sédentarité n'est pas qu'un sujet de santé. Dans des équipes éclatées entre le bureau et la maison, les occasions de se croiser se sont raréfiées, et les services se parlent de moins en moins. Bouger ensemble, que ce soit pour une marche, un footing ou un match, recrée du lien entre des collègues qui ne se côtoyaient plus. Le mouvement collectif dépasse alors la prévention : il rapproche des services qui se parlaient peu.

Le même principe vaut pour l'accueil des nouveaux arrivants. Une sortie partagée facilite les premiers échanges avec l'équipe. C'est l'esprit de l'intégration par le mouvement, et c'est aussi ce qui soutient l'engagement des collaborateurs sur la durée.

Cohésion Télétravail et cohésion : ce que le mouvement collectif peut reconstruire Lire l'article → Télétravail Sédentarité en télétravail : comprendre et agir pour les équipes à distance Lire l'article →

Le cadre légal, un appui pour agir

Depuis la loi du 2 août 2021, le document unique d'évaluation des risques professionnels répertorie l'ensemble des risques professionnels, et la sédentarité peut y figurer comme risque évalué. L'y inscrire donne une légitimité officielle à la démarche et l'aide à s'installer dans la durée. Le sujet est détaillé dans notre article sur le DUERP et la sédentarité.

Mettre en place une démarche de prévention de la sédentarité

Prévenir la sédentarité dans une entreprise tient en une démarche simple, qui se construit en quatre temps. Repérer d'abord les postes les plus exposés, ceux où l'on reste assis sans interruption, souvent les fonctions de bureau et le télétravail. Fixer ensuite un objectif de mouvement clair et atteignable, comme se lever toutes les demi-heures. Agir sur l'environnement et sur le collectif, en facilitant les pauses actives et en créant des rendez-vous de mouvement partagés. Suivre enfin ce qui prend, pour ajuster au rythme des équipes.

Il est inutile de tout lancer d'un coup. Une démarche durable commence modestement : un état des lieux rapide auprès des équipes, un premier geste simple comme la règle des 30 minutes, puis un rendez-vous de mouvement collectif chaque semaine. On ajuste ensuite selon ce qui prend.

Vous souhaitez disposer d'un point de départ clé en main ? Un programme structuré sur quatre semaines aide à passer à l'action, avec des modèles d'enquête interne et de note de direction prêts à utiliser.

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Questions fréquentes

Faut-il pratiquer une activité physique et sportive pour lutter contre la sédentarité au travail ?

Non. La sédentarité désigne le temps passé immobile, indépendamment de toute pratique sportive. On peut courir trois fois par semaine et rester sédentaire le reste du temps. Lutter contre la sédentarité, c'est surtout casser les longues périodes assises par du mouvement léger et régulier. Cette démarche est accessible à tous, que l'on pratique déjà une activité physique et sportive ou non.

Combien de temps de mouvement faut-il viser chaque jour ?

L'Organisation mondiale de la santé recommande 150 à 300 minutes d'activité d'endurance modérée par semaine, et Santé publique France au moins 30 minutes d'activité physique dynamique par jour. L'essentiel n'est pas l'intensité mais la régularité : les adultes dont les périodes assises durent moins de 30 minutes ont le risque de mortalité le plus faible (Diaz et coll., Annals of Internal Medicine, 2017).

Comment lutter contre la sédentarité au travail en télétravail ?

À domicile, les déplacements naturels disparaissent : plus de trajet, plus d'allers-retours entre les salles de réunion, plus d'échanges debout. Il faut donc recréer ces occasions volontairement : appels téléphoniques en marchant, pauses actives programmées, et rendez-vous de mouvement partagés entre collègues, même à distance, pour garder le lien autant que l'activité.

Comment intéresser les salariés qui ne pratiquent pas d'activité physique et sportive ?

En parlant de mouvement plutôt que de performance. Une marche digestive, une pause active ou une sortie collective n'exigent ni performance, ni équipement, ni classement. Le format collectif et sans compétition est ce qui fait revenir les personnes les moins actives, qui sont justement celles à qui ces moments profitent le plus.

Quels résultats attendre, et en combien de temps ?

Les premiers effets perçus, comme un regain d'énergie ou une meilleure ambiance d'équipe, peuvent apparaître rapidement. Les bénéfices de santé, eux, s'installent dans la durée et dépendent de la régularité. L'objectif n'est pas un chiffre à atteindre, mais une habitude collective qui tient dans le temps.

Quelle solution pour prévenir la sédentarité en entreprise ?

La réponse la plus accessible passe moins par une pratique sportive ponctuelle que par le mouvement régulier et collectif. Elle combine trois leviers : casser les longues périodes assises avec des micro-pauses, rendre l'environnement de travail plus actif, et créer des temps de mouvement partagés entre collègues. Aucun de ces leviers n'exige de budget ni d'équipement pour démarrer, et le format collectif est ce qui fait durer la démarche.

Comment mettre en place une démarche de prévention de la sédentarité ?

En quatre temps. Repérer les postes les plus exposés, surtout les fonctions de bureau et le télétravail. Fixer un objectif de mouvement simple, comme se lever toutes les demi-heures. Agir sur l'environnement et sur le collectif, en facilitant les pauses actives et les rendez-vous de mouvement partagés. Puis suivre ce qui prend pour ajuster. Inscrire la sédentarité dans le document unique d'évaluation des risques professionnels donne à la démarche une légitimité officielle et l'aide à durer.

Sources

Santé publique France, données sur le temps passé assis (employés de bureau)

Observatoire national de l'activité physique et de la sédentarité (ONAPS), chiffres clés

Organisation mondiale de la santé, recommandations sur l'activité physique (2020)

Oppezzo M. et Schwartz D., Stanford University, "Give your ideas some legs" (2014)

INRS, troubles musculo-squelettiques : données épidémiologiques

Diaz et coll., Annals of Internal Medicine, 2017, périodes assises et mortalité

Note d'information : les données chiffrées citées proviennent des sources mentionnées et sont reproduites fidèlement. Les seuils réglementaires peuvent évoluer : vérifiez les dispositions en vigueur avant toute décision. Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou médical.