Le document unique d’évaluation des risques professionnels existe depuis 2001. Depuis la réforme de la santé au travail portée par la loi du 2 août 2021, ses exigences de contenu, de conservation et de mise à jour ont été renforcées. Pour les équipes RH et RSE, c’est le bon moment pour regarder ce que le DUERP dit sur la sédentarité, et ce qu’il permet de mettre en place.

Ce qui a changé en juin 2026

Depuis le 27 juin 2026, en application de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, l’inspection du travail peut traiter directement l’absence de document unique ou son défaut de mise à jour, par les articles L. 8115-1 et suivants du Code du travail. Le texte laisse une place à la régularisation : lorsque l’employeur s’engage dans la mise en conformité, il prévoit un avertissement.

Ce qu’il faut en retenir est simple : le cadre récompense la démarche engagée. Un document unique vivant, qui montre les risques identifiés et les actions associées, est aujourd’hui la meilleure position possible. Et la sédentarité fait partie des risques qu’on peut y inscrire dès maintenant.

Ce que le DUERP doit couvrir en 2026

Le DUERP recense tous les risques auxquels les salariés sont exposés dans l’exercice de leur activité. Sa mise à jour est obligatoire chaque année pour les entreprises de 11 salariés et plus, et à chaque événement affectant la santé ou la sécurité pour les structures plus petites.

Dans la pratique, les troubles musculosquelettiques (TMS) et les risques psychosociaux (RPS) comptent parmi les risques que le document évalue le plus souvent.

88 %
des maladies professionnelles reconnues en France en 2024 étaient des troubles musculosquelettiques (Assurance Maladie). Ils viennent surtout des gestes répétitifs et de la manutention ; la position assise prolongée fait partie de leurs facteurs.

L’article L.4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé physique et mentale des salariés. Ce « et mentale » a une portée réelle : il oblige à documenter les risques psychosociaux, parmi lesquels l’isolement progressif des collaborateurs en télétravail, le relâchement du lien avec l’équipe et la perte de dynamique collective. L’inactivité physique et le travail à distance peuvent accentuer ces effets.

Le PAPRIPACT : un outil concret pour les entreprises d’au moins 50 salariés

Pour les entreprises de 50 salariés et plus, le DUERP seul ne suffit plus. Il doit être accompagné d’un PAPRIPACT, programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail.

Ce que contient le PAPRIPACT

Actions prévues pour réduire chaque risque identifié

Responsables désignés avec des délais clairs

Ressources allouées, budget, moyens humains

Présentation au CSE ; le document unique et ses versions successives sont conservés 40 ans

Ce niveau de traçabilité change quelque chose d’utile pour les équipes RH : il donne les moyens de piloter une démarche de prévention dans la durée, et de la valoriser en interne. La sédentarité, une fois identifiée comme risque dans le DUERP, trouve logiquement sa réponse dans le PAPRIPACT.

Ce que cela veut dire concrètement

Au-delà de 30 minutes assis d'affilée, on sort de la zone associée au risque de mortalité le plus faible (Annals of Internal Medicine, 2017). Sur une journée de travail type, entre les réunions en visioconférence, les créneaux de concentration et les trajets assis, les occasions de rompre ce cycle sont rares, sauf si elles sont organisées.

+34 %
de risque cardiovasculaire chez les personnes sédentaires. Au-delà des troubles musculo-squelettiques, l'immobilité prolongée présente plusieurs caractéristiques d'un risque professionnel que le document unique peut évaluer. Source : OMS, 2022.

Son inscription au document unique change quelque chose d’utile : elle sort la sédentarité du registre du conseil de santé personnelle pour la placer dans celui de la responsabilité collective de l’employeur. Ce changement de registre donne aux équipes RH la légitimité d’agir avec un budget, une méthode et des indicateurs. Elles peuvent le faire sans attendre que les salariés le demandent eux-mêmes.

De l’évaluation à l’action

Les actions qui répondent à ce risque ne sont pas lourdes à mettre en œuvre. Elles ne demandent pas de réaménagement des locaux, ni de programme sportif contraignant. Elles demandent une organisation collective qui rende le mouvement accessible à tous les profils, y compris ceux qui ne se définissent pas comme sportifs.

Créer des occasions de bouger ensemble, pendant la pause déjeuner ou en marge d’une réunion, sans pression de performance, avec un suivi visible pour les managers : c’est ce type d’action qui trouve naturellement sa place dans un PAPRIPACT. Ce type d’action se pilote, se mesure et s’ajuste facilement selon les taux de participation.

C’est facile d’aller mieux. Quand le cadre de prévention va dans la même direction qu’une amélioration réelle des conditions de travail, il est utile d’agir sans attendre la prochaine mise à jour du DUERP.

Sur le déclencheur de la mise à jour et le cadre applicable depuis juin 2026, voir ce qui oblige à mettre à jour le document unique.

Sources

Loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes, article 48, articles L. 8115-1 et suivants du Code du travail, legifrance.gouv.fr

OMS, 2022, risque cardiovasculaire associé à la sédentarité

Loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail, legifrance.gouv.fr

Article L.4121-1 du Code du travail, obligation de protection de la santé physique et mentale

Données TMS, Assurance Maladie, Risques professionnels 2024