Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels existe depuis 2001. Depuis la réforme de la santé au travail portée par la loi Santé du 2 août 2021, son périmètre s’est étendu, et plusieurs obligations entrent en 2026 dans leur phase active. Pour les équipes RH et RSE, c’est le bon moment pour regarder ce que le DUERP dit sur la sédentarité, et ce qu’il permet de mettre en place.

Ce que le DUERP doit couvrir en 2026

Le DUERP recense tous les risques auxquels les salariés sont exposés dans l’exercice de leur activité. Sa mise à jour est obligatoire chaque année pour les entreprises de 11 salariés et plus, et à chaque événement impactant la santé ou la sécurité pour les structures plus petites.

Ce que cette réforme précise, c’est que les troubles musculosquelettiques (TMS) et les risques psychosociaux (RPS) font désormais partie des catégories que le document doit explicitement couvrir.

87 %
des maladies professionnelles reconnues en France sont des troubles musculosquelettiques. Ils naissent souvent de postures prolongées et d’une position assise maintenue trop longtemps, c’est-à-dire, de la sédentarité.

L’article L.4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé physique et mentale des salariés. Ce « et mentale » n’est pas une formule, il oblige à documenter les risques psychosociaux, dont fait partie l’isolement progressif des collaborateurs en télétravail, la désaffiliation aux équipes, la perte de dynamique collective. Des effets que l’inactivité physique et le travail à distance amplifient directement.

Le PAPRIPACT : un outil concret pour les +50 salariés

Pour les entreprises de 50 salariés et plus, le DUERP seul ne suffit plus. Il doit être accompagné d’un PAPRIPACT, Programme Annuel de Prévention des Risques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail.

Ce que contient le PAPRIPACT

Actions prévues pour réduire chaque risque identifié

Responsables désignés avec des délais clairs

Ressources allouées, budget, moyens humains

Accès CSE garanti, les versions précédentes sont conservées 40 ans

Ce niveau de traçabilité change quelque chose d’utile pour les équipes RH : il donne les moyens de piloter une démarche de prévention dans la durée, et de la valoriser en interne. La sédentarité, une fois identifiée comme risque dans le DUERP, trouve logiquement sa réponse dans le PAPRIPACT.

Ce que ça veut dire concrètement

Après 30 minutes sans se lever, les enzymes brûle-graisses chutent de 90 % et le métabolisme ralentit. Sur une journée de travail type, réunions en visio, créneaux de concentration, trajets assis, les occasions de rompre ce cycle sont rares, sauf si elles sont organisées.

Ce cadre légal change quelque chose d’utile : il sort la sédentarité du registre du conseil de santé personnelle pour la placer dans celui de la responsabilité collective de l’employeur. Ce n’est pas une nuance, c’est ce qui donne aux équipes RH la légitimité d’agir avec un budget, une méthode et des indicateurs. Sans attendre que les salariés le demandent eux-mêmes.

De l’obligation à l’action

Les actions qui répondent à ce risque ne sont pas lourdes à mettre en œuvre. Elles ne demandent pas de réaménagement des locaux, ni de programme sportif contraignant. Elles demandent une organisation collective qui rende le mouvement accessible à tous les profils, y compris ceux qui ne se définissent pas comme sportifs.

Créer des occasions de bouger ensemble, pendant la pause déjeuner ou en marge d’une réunion, sans pression de performance, avec un suivi visible pour les managers : c’est ce type d’action qui trouve naturellement sa place dans un PAPRIPACT. Facile à piloter, facile à mesurer, facile à ajuster selon les taux de participation.

C’est facile d’aller mieux. Et quand une obligation légale pousse dans la même direction qu’une amélioration réelle des conditions de travail, autant ne pas attendre la prochaine mise à jour du DUERP pour agir.

Sources

Loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail, legifrance.gouv.fr

Article L.4121-1 du Code du travail, obligation de protection de la santé physique et mentale

Données TMS, Assurance Maladie, Risques professionnels 2024