Ce que le plan santé au travail 2026-2030 dit de la sédentarité

Le plan santé au travail 2026-2030 fait entrer la sédentarité dans le champ de la prévention des risques professionnels. Son action 5.9 prévoit d'accompagner les entreprises pour évaluer et limiter la sédentarité au travail, et d'encourager l'activité physique et sportive par la diffusion d'informations et d'outils pratiques.

Le texte a été lancé le 5 juin 2026 par le ministre du Travail et des Solidarités. Il fixe la feuille de route nationale de la santé au travail pour cinq ans, autour de quatre axes stratégiques et dix objectifs, et fusionne avec le plan de prévention des accidents du travail graves et mortels. L'action qui concerne la sédentarité porte le numéro 5.9 : elle appartient à l'objectif 5, consacré aux actions de prévention renforcées et ciblées, lui-même rattaché à l'axe 2, « Prévenir les risques professionnels ».

« Sensibiliser et favoriser le développement de la prévention des risques liés à la sédentarité au travail et accompagner les entreprises dans la promotion de l'activité physique et sportive » Intitulé exact de l'action 5.9, plan santé au travail 2026-2030

La formulation mérite d'être lue lentement, parce que chaque mot compte. L'État qualifie la sédentarité au travail de risque à prévenir, au même titre que les autres risques professionnels. Et il retient le terme de « promotion de l'activité physique et sportive » pour désigner la réponse. Ce vocabulaire devient le vocabulaire officiel de la santé au travail pour les cinq années à venir.

Pourquoi ce sujet arrive dans un plan national

Le constat qui motive cette entrée est déjà bien documenté. Un employé de bureau passe environ 75 % de son temps de travail assis, selon Santé Publique France. Et d'après l'Assurance Maladie, les troubles musculo-squelettiques constituent le premier motif d'arrêt de travail en France. La position assise prolongée fait partie des expositions quotidiennes les plus répandues du tertiaire, et les employeurs le savent déjà : selon l'enquête ESENER de l'agence européenne EU-OSHA, 64 % des établissements européens citent la station assise prolongée parmi les risques présents dans leur structure, contre 61 % en 2019.

64 %
des établissements européens citent la station assise prolongée parmi leurs risques
EU-OSHA, enquête ESENER, 2024
1er
motif d'arrêt de travail en France : les troubles musculo-squelettiques
Assurance Maladie, rapport AT/MP 2023

À l'échelle de la santé publique, l'Organisation mondiale de la santé classe l'inactivité physique au quatrième rang des facteurs de risque de mortalité dans le monde, et parmi les premiers évitables. Le plan santé au travail 2026-2030 ne découvre donc pas un sujet : il reconnaît officiellement un risque que les données décrivent depuis des années, et il le fait entrer dans le langage et les outils de la prévention en entreprise.

Pas d'obligation nouvelle : un cadre, un vocabulaire, un appui

Soyons précis sur la portée du texte. Le plan santé au travail n'est pas contraignant : il ne crée pas d'obligation nouvelle pour les entreprises et ne modifie pas le Code du travail. Sa valeur est ailleurs. Il fixe les priorités nationales que les organismes de prévention vont décliner pendant cinq ans, il annonce des outils et un accompagnement à destination des entreprises, et il relie l'évaluation de la sédentarité à un cadre que toute entreprise connaît déjà : le document unique d'évaluation des risques professionnels, traité dans son objectif 1.

Pour une direction des ressources humaines, cette reconnaissance change la position du sujet. Une démarche de mouvement en entreprise ne relève plus seulement du bien-être ou de la qualité de vie au travail : elle s'inscrit dans une priorité nationale de prévention, avec un vocabulaire officiel pour la nommer. Les initiatives déjà en place, pauses actives, réunions en marchant, rendez-vous collectifs de mouvement, trouvent un ancrage qui les légitime et les relie au pilotage des risques.

Un second texte renforce ce mouvement. La loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 confie aux services de prévention et de santé au travail une mission récurrente de dépistage et de sensibilisation cardio-neuro-vasculaire, fait évoluer leur offre socle sur la promotion de la santé sur le lieu de travail et rénove la visite de mi-carrière. L'interlocuteur naturel des entreprises sur la santé au travail voit donc sa mission de prévention élargie au moment même où le plan national nomme la sédentarité.

Trois façons de s'appuyer sur le plan dès la rentrée

La rentrée est le moment où les projets de prévention se programment pour l'année. Trois gestes simples permettent de prendre appui sur le plan sans attendre ses déclinaisons opérationnelles.

01
Nommer le sujet avec les mots du plan

Dans les documents internes, les ordres du jour et les échanges avec la direction, reprendre les termes officiels : « prévention des risques liés à la sédentarité au travail » et « promotion de l'activité physique et sportive ». Un projet déjà en cours gagne en légitimité quand il porte le vocabulaire d'une priorité nationale.

02
Relier l'évaluation au document unique

Le plan relie l'évaluation de la sédentarité au document unique. La prochaine mise à jour du DUERP peut intégrer le temps assis prolongé là où il se concentre : postes d'écran, réunions longues, journées sans déplacement. Une évaluation simple suffit pour commencer, poste par poste.

03
Solliciter son service de prévention et de santé au travail

Depuis la loi du 27 juillet 2026, sa mission de promotion de la santé sur le lieu de travail s'élargit. Un échange à la rentrée permet de savoir ce qu'il propose sur la sédentarité et l'activité physique, et d'articuler ses actions avec celles de l'entreprise.

Le plan santé au travail 2026-2030 ne demande rien de plus aux entreprises. Il donne un cadre officiel à ce que beaucoup d'équipes construisent déjà : des journées de travail où le mouvement retrouve une place. Une évaluation dans le document unique, les mots du plan, un échange avec son service de prévention, et la démarche est lancée. C'est facile d'aller mieux.

Questions fréquentes

Le plan santé au travail 2026-2030 est-il contraignant pour les entreprises ?

Non. Le plan fixe les priorités nationales de prévention pour cinq ans et ne crée pas d'obligation nouvelle. L'évaluation des risques dans le document unique reste le cadre existant : le plan y relie l'évaluation de la sédentarité et annonce un accompagnement des entreprises, avec des informations et des outils pratiques.

Que contient l'action 5.9 du plan santé au travail 2026-2030 ?

Son intitulé exact : « Sensibiliser et favoriser le développement de la prévention des risques liés à la sédentarité au travail et accompagner les entreprises dans la promotion de l'activité physique et sportive ». Elle prévoit d'accompagner les entreprises pour évaluer et limiter la sédentarité au travail, et d'encourager l'activité physique et sportive par la diffusion d'informations et d'outils pratiques.

Par où commencer pour prévenir la sédentarité dans son entreprise ?

Par l'évaluation : repérer les postes où le temps assis se prolonge sans interruption, l'inscrire dans la prochaine mise à jour du document unique, puis s'appuyer sur son service de prévention et de santé au travail, dont la mission de promotion de la santé a été renforcée par la loi du 27 juillet 2026.

Sources

Ministère du Travail et des Solidarités. Plan santé au travail 2026-2030, lancé le 5 juin 2026. Programme « Manger mieux, bouger plus au travail ».

Assurance Maladie. Rapport sinistres AT/MP 2023. ameli.fr

EU-OSHA. Enquête ESENER, 2024.

Santé Publique France. Temps de travail assis des employés de bureau.

OMS. Lignes directrices sur l'activité physique et la sédentarité, 2020.

Loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 relative aux missions des services de prévention et de santé au travail.