La fatigue du lundi ne vient pas toujours d'un mauvais sommeil : elle vient souvent d'un week-end qui n'a pas rempli son rôle de récupération. Un mouvement doux aide souvent davantage à récupérer qu'un arrêt complet. Cela change la façon d'aborder une fatigue d'équipe persistante, celle qui ne se traduit par aucun arrêt et qu'aucune cause médicale n'explique.

Pourquoi des équipes arrivent-elles fatiguées le lundi matin ?

Parce que le week-end n'a pas toujours permis de récupérer. Après cinq jours largement passés assis, beaucoup de salariés prolongent l'immobilité une fois chez eux : selon l'ONAPS, d'après Santé publique France, 80 % des adultes passent au moins trois heures par jour devant un écran en dehors du travail. Quand le samedi et le dimanche s'ajoutent à la semaine sans réel mouvement, le corps enchaîne sept jours d'immobilité. La fatigue qui en résulte est bien réelle, même si elle n'apparaît dans aucun tableau de bord.

80 %
des adultes passent au moins 3 heures par jour devant un écran en dehors du travail
ONAPS, d'après Santé publique France
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risque de dépression et d'anxiété chez les personnes sédentaires
INSERM, 2023

Qu'est-ce que la récupération active ?

C'est l'idée qu'un mouvement doux aide souvent davantage à récupérer qu'un arrêt complet. La récupération passive, celle du canapé, laisse le corps dans l'état où la semaine l'a mis. La récupération active, celle de la marche, du jardin, du bricolage ou du rangement, peut favoriser la circulation, un sommeil de meilleure qualité et le moral. L'immobilité prolongée joue dans l'autre sens : selon l'INSERM, le risque de dépression et d'anxiété est deux fois plus élevé chez les personnes sédentaires.

Faut-il transformer le week-end en programme d'entraînement ?

Non, et c'est précisément ce qui rend le message rassurant. L'Organisation mondiale de la santé recommande 150 à 300 minutes d'activité physique modérée par semaine, soit au moins 30 minutes cinq jours sur sept, et précise qu'elles peuvent se fractionner en plusieurs courtes périodes. Un week-end réparateur n'a rien d'athlétique : une balade digestive le samedi, une heure de jardin le dimanche, un rangement mené sans traîner. Le mouvement du quotidien suffit, pourvu qu'il ait lieu.

Que peut faire une entreprise, sans s'inviter dans le week-end de ses salariés ?

L'entreprise peut légitimer le mouvement sans rien prescrire. Le week-end appartient aux salariés, et un message qui dicterait leur dimanche produirait l'effet inverse. En revanche, la communication de prévention peut poser un cadrage simple et décomplexant : la récupération passe aussi par le mouvement doux, et tout compte, même dix minutes. L'entreprise agit ensuite là où elle est légitime, sur la semaine : une journée de travail qui ménage de vraies fenêtres de mouvement fatigue moins, et prépare un week-end qui répare au lieu de prolonger l'immobilité. La fatigue du lundi se traite des deux côtés à la fois.

À retenir : la fatigue du lundi se joue en partie le week-end, et le week-end se prépare pendant la semaine. Un mouvement doux et régulier, au bureau comme à la maison, aide souvent mieux à récupérer qu'un repos complet. C'est facile d'aller mieux.

Sources

ONAPS, Les chiffres clés sur l'activité physique et la sédentarité, d'après Santé publique France.

INSERM, 2023. Risque de dépression et d'anxiété chez les personnes sédentaires.

OMS. Lignes directrices sur l'activité physique et la sédentarité, 2020. who.int