Un constat établi par le Baromètre

Publié en décembre 2025, le Baromètre de Santé publique France établit qu'en 2024, 28 % des adultes français âgés de 18 à 79 ans déclarent passer en moyenne plus de sept heures par jour en position assise. Cela représente plus d'un adulte sur quatre. Et ce chiffre est en hausse par rapport à 2021, édition précédente du Baromètre.

28 %
des adultes français passent plus de 7h par jour assis

Sept heures, c'est le seuil à partir duquel les chercheurs considèrent qu'un niveau de sédentarité est élevé, associé à des risques mesurables : maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, troubles musculosquelettiques, dépression, anxiété.

La sédentarité ne se confond pas avec le manque d'activité sportive. Au sens scientifique, elle désigne l'état d'éveil passé en position assise ou allongée, avec une dépense énergétique très faible. On peut courir trois fois par semaine et rester sédentaire le reste du temps.

Les profils les plus exposés

Dans le détail des catégories socioprofessionnelles, le portrait se précise.

Plus de 40 %
des 18-29 ans et des cadres et professions intellectuelles supérieures

Dans ces deux groupes, plus de quatre personnes sur dix dépassent les sept heures assis par jour.

Le Baromètre relève aussi que les étudiants et les personnes en télétravail régulier comptent parmi les plus exposés à une sédentarité élevée. Ces résultats dessinent un profil précis : jeunes adultes, diplômés, cadres, souvent en télétravail.

La recommandation est connue, mais la sédentarité progresse

Le Baromètre 2024 révèle un paradoxe.

98,1 % des adultes français connaissent la recommandation : se lever au moins toutes les deux heures en cas de position assise prolongée. Et 88,8 % déclarent la respecter.

Pourtant, la sédentarité progresse depuis 2021.

L'explication tient au contexte de travail. Dans une journée chargée de réunions, en présentiel ou à distance, l'intention de se lever se heurte à la réalité concrète. L'information ne suffit pas. Il faut une occasion, un déclencheur, quelque chose qui rende le mouvement naturel dans la journée.

Ce que cela représente pour une entreprise

La sédentarité a un coût collectif documenté.

Les travaux de Goodwill Management, du MEDEF et du CNOSF l'évaluent à environ 3 000 € par salarié et par an, en cumulant l'absentéisme, le présentéisme et la perte de productivité. Un collaborateur sédentaire prend en moyenne cinq à sept jours d'arrêt maladie supplémentaires par an. L'écart de productivité avec un salarié actif est estimé à 14 %.

Il y a aussi des effets plus diffus : la cohésion qui se distend dans des équipes qui se voient peu physiquement, le turnover, l'attractivité. Ces signaux sont bien réels, même si leur lien avec la sédentarité est plus difficile à mesurer.

Ce que le Baromètre 2024 dit en creux

La conclusion de Santé publique France est claire : sensibiliser les individus ne suffit pas. Réduire la sédentarité en entreprise passe aussi par des changements organisationnels : pauses actives, environnements qui facilitent le mouvement, dynamiques collectives.

L'OMS recommande 150 à 300 minutes d'activité physique modérée par semaine, soit au moins 30 minutes cinq jours sur sept. Cette base physiologique est accessible à presque tout le monde, à condition de trouver les bonnes conditions pour s'y mettre.

Sources

Baromètre de Santé publique France 2024, Sédentarité : prévalence et connaissance des recommandations. Santé publique France, décembre 2025.

Goodwill Management, MEDEF, CNOSF, 2015.

OMS, recommandations mondiales sur l'activité physique et la sédentarité, 2020.

C'est facile d'aller mieux.

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