Le score moyen de bien-être mental des salariés français est passé de 59,8 % à 62,8 % entre janvier 2025 et janvier 2026. C’est la principale conclusion de la deuxième édition de la Grande Enquête Santé Mentale conduite par moka.care, l’Ifop et le GHU Paris. Trois points en un an. Un progrès mesurable, réel.
Les entreprises ont bougé : 73 % d’entre elles déclarent avoir mis en place au moins un dispositif de protection de la santé mentale, soit trois points de plus qu’en 2025. La prise de conscience n’est plus à démontrer.
Ce qui reste, malgré les progrès
Les chiffres positifs coexistent avec des données qui bougent peu. L’enquête les documente sans les minimiser.
Les inégalités persistent : les femmes, les moins de 35 ans et les cadres restent surexposés. Chez les femmes, 73 % déclarent avoir ressenti au moins un trouble de santé mentale lié au travail, contre 62 % chez les hommes.
Le paradoxe des attentes
L’enquête pointe une tension que les entreprises connaissent bien : 85 % des salariés attendent des mesures de protection de la part de leur employeur. Dans le même temps, 54 % estiment que la santé mentale doit rester une affaire privée.
Ce paradoxe n’est pas une contradiction. Il trace plutôt une ligne : les salariés attendent des conditions de travail qui préservent, pas des interventions qui scrutent. Ils veulent un environnement favorable, pas un suivi psychologique imposé.
Ce que l’enquête éclaire entre les lignes
L’Ifop identifie les sources de satisfaction au travail qui favorisent le plus la bonne santé mentale. En tête : l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle, l’adéquation des valeurs avec l’entreprise, et la charge de travail perçue. Le lien avec le manager et la qualité des relations d’équipe arrivent juste après.
Ce sont des leviers d’environnement, pas de thérapie. Ce sont des conditions dans lesquelles une personne tient — ou ne tient pas. Et quand on regarde ces leviers de près, quelque chose frappe : ils décrivent exactement ce que le corps en mouvement adresse.
La marche réduit le stress perçu. Une pause active au milieu d’une journée chargée change la perception de la charge, pas le volume réel. Un mouvement partagé entre collègues reconstruit exactement le tissu informel que le télétravail a effiloché. Ce ne sont pas des allégations — c’est ce que les études documentent depuis des années.
L’enquête moka.care ne parle pas du corps. Elle mesure la santé mentale — et c’est son objet. Mais en cartographiant ce qui protège, elle pointe vers quelque chose qu’on oublie souvent dans les politiques de QVT : le corps est là avant la tête. Ce qui se passe dans l’un finit toujours par rejoindre l’autre.
Les salariés veulent un environnement qui préserve, pas des interventions qui scrutent. Le mouvement collectif est l’un des rares leviers qui répond à cette attente sans la dépasser.
moka.care × Ifop × GHU Paris — Grande Enquête Santé Mentale au travail, 2ème édition, mars 2026
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OMS — activité physique et santé mentale : réduction du stress et de l’anxieté