D'abord, une définition
La sédentarité et l'inactivité physique sont souvent confondues. Ce sont deux choses différentes.
La sédentarité désigne tout état d'éveil en position assise ou allongée avec une dépense énergétique inférieure ou égale à 1,5 MET. Elle ne dépend pas du niveau d'activité sportive par ailleurs.
En clair : on peut courir trois matins par semaine et rester sédentaire le reste du temps. Ce sont deux compteurs indépendants. Les comportements sédentaires — travail sur écran, réunions, déplacements assis — occupent aujourd'hui plus de la moitié du temps éveillé de la plupart des actifs.
Ce que ça fait au corps : quatre données
La sédentarité prolongée est associée à une augmentation documentée de plusieurs risques majeurs. Les chiffres ci-dessous sont issus d'études publiées dans des revues à comité de lecture.
La sédentarité augmente également la survenue de certains cancers, de troubles musculosquelettiques et d'obésité. Les mécanismes sont documentés : baisse du flux sanguin, perturbation du métabolisme lipidique, inflammation de bas grade. Ce sont des processus physiologiques — pas des prédispositions personnelles.
À partir de combien d'heures ?
L'ONAPS (Observatoire National de l'Activité Physique et de la Sédentarité) classe les niveaux de sédentarité en trois paliers, sur la base du temps total passé assis ou allongé dans la journée — sommeil exclu.
Pour les postes de bureau, le niveau élevé est la norme, pas l'exception. Le Service de Santé au Travail de l'Université Clermont Auvergne relevait que plus de 50 % de ses agents atteignent ce seuil.
Ce qui change vraiment quelque chose
L'OMS et l'ONAPS s'accordent sur trois leviers. Ils ne nécessitent ni équipement ni organisation particulière.
Se lever, marcher jusqu'à la cuisine, faire quelques pas dans le couloir. La durée importe moins que la régularité.
Même brièvement. C'est le fractionnement qui produit l'effet, plus que l'intensité du mouvement.
Recommandation de l'OMS. Marche, vélo, montée d'escaliers — le seuil d'intensité est accessible à presque tout le monde.
Ces recommandations ne s'excluent pas. Le mouvement fractionné dans la journée et l'activité physique régulière agissent sur des mécanismes différents — et se complètent.
Wilmot EG, Edwardson CL, Achana FA et al. — Sedentary time in adults and the association with diabetes, cardiovascular disease and death. Diabetologia, 2012.
Matthews CE, Chen KY, Freedson PS et al. — Amount of time spent in sedentary behaviors in the United States, 2003–2004. Am J Epidemiol, 2008.
Parry S, Straker L. — The contribution of office work to sedentary behaviour associated risk. BMC Public Health, 2013.
Service de Santé au Travail, Université Clermont Auvergne — Lutte contre la sédentarité. sst.uca.fr
OMS — Recommandations mondiales sur l'activité physique pour la santé, 2020.
ONAPS — Outils d'évaluation de l'activité physique et de la sédentarité. onaps.fr
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